« Une présence assise en dialogue silencieux avec son esprit du python mythique, une divinité gardienne fondatrice. »
Cette exceptionnelle sculpture en bronze fondue à la cire perdue représente une effigie sacrée extraordinairement rare d'une Reine Mère (Soma) ou d'une ancêtre royale féminine du peuple Gan du Burkina Faso. Distincte des figures masculines, cette statue présente des attributs anatomiques proéminents et gracieusement sculptés, l'identifiant comme une matriarche d'un immense lignage politique et spirituel. Elle est représentée assise majestueusement sur un trône royal complexe doté d'un dossier structurel ajouré, en forme de A ou triangulaire.
Sur le plateau formé par ses genoux repose un python enroulé et ondulant — le totem protecteur fondateur des cultes dynastiques Gan (Asie). Le python représente l'immortalité, la garde et le lien entre le royaume terrestre et le monde souterrain des ancêtres. Sa haute coiffe segmentée, révélatrice de son statut, signifie l'autorité spirituelle absolue et un rang d'élite. Coulé par des forgerons sacrés selon des techniques de fonte ancestrales, cet objet remplissait une fonction cérémonielle active, placé directement sur les autels de cour institutionnels ou ancestraux pour recevoir des libations, canaliser les esprits protecteurs et préserver la continuité de la lignée royale.
La statuette appartient, tout comme sa pièce compagne « Le Serpent Sacré Royal », au corpus de petites figurines de cour et d'ancêtres en laiton fondu attribuées au peuple Gan (également écrit Kaan ou Gain), de la région de Loropéni et Gaoua, dans le sud-ouest du Burkina Faso. Les Gan sont une population restreinte partageant le paysage culturel de la Haute-Volta avec les Lobi, Birifor et Dagara. Leur production de laiton est l'œuvre de familles héréditaires de forgerons-fondeurs dont la pratique sert depuis longtemps les petites chefferies Gan de la région.
La coiffe en forme d'éventail de cette figurine représente une variante du canon de la coiffure royale Gan, se distinguant par sa forme latérale évasée de la version à crête plus haute portée par la statuette compagne. Dans l'iconographie de la cour, les deux types de coiffures signalent souvent des rôles de cour distincts ou des registres différents au sein de la concession royale — mais établir cela spécifiquement pour une figurine donnée nécessiterait des preuves de provenance que nous ne possédons pas.
Là où « Le Serpent Sacré Royal » montre le python s'élevant verticalement depuis les genoux, cette figurine porte le même attribut tutélaire dans un registre enroulé — étroitement replié et au repos, mais tout aussi chargé de sens. Dans les traditions Gan et les cultures voltaïques voisines, le python est un attribut royal, associé à la protection ancestrale de la lignée du chef, à la continuité du lignage et à la présence tutélaire des esprits de la maison. Qu'il soit dressé ou enroulé, le serpent désigne le sujet comme une personne d'autorité sous garde ancestrale.
L'association des deux figurines — l'une au python dressé, l'autre au python enroulé — se lit de manière captivante comme un dialogue de composition entre deux moments ou deux aspects d'une même puissance tutélaire. Il est impossible d'établir sans preuve de provenance si les deux œuvres ont été initialement produites comme une paire ou si elles ont été réunies plus tard au fil des collections ; mais leur cohérence stylistique et iconographique est indéniable.
Les petites figurines Gan en laiton fondu de cette échelle relèvent d'un registre domestique et lignager, plutôt que des mascarades publiques ou des grands sanctuaires. Elles sont conservées au sein de la concession familiale, sur les autels ancestraux ou dans le sanctuaire personnel d'un dignitaire de la maison. Lors de leur utilisation, elles peuvent recevoir des libations occasionnelles — bière, vin de palme, huile — et leur présence commémore et canalise l'action tutélaire du personnage qu'elles représentent.
Cette statuette est donc plus précisément décrite comme appartenant à un registre rituel et commémoratif : un objet de veneration au sein du sanctuaire familial, et non un accessoire de scène pour une célébration publique. En l'absence d'une provenance confirmée vers une concession spécifique, la fonction rituelle est décrite ici de manière typologique — c'est-à-dire comme appartenant à la catégorie d'objets ayant servi à cet usage —, plutôt que comme prouvée pour cette pièce précise.
La statuette est complète et structurellement saine. Elle tient debout sur sa propre base sans aucun support. Les quatre pieds du tabouret et la plaque de base sont intacts ; les jonctions entre le personnage, le tabouret et la base sont issues de la fonte d'origine et ne résultent pas d'une réparation ultérieure. Aucune trace de soudure, de comblement ou de restauration n'est visible. Une petite perforation de fonte mineure est visible sur la crête supérieure de la coiffe, tout à fait inhérente au procédé traditionnel de coulée à la cire perdue.
La surface à la cire perdue est parfaitement préservée, la texture granulaire de la fonte, caractéristique du travail des moules en argile de termitière, étant visible partout. La patine est un laiton doré chaleureux, plus sombre dans les creux de la coiffe et le dessous du tabouret. De petites lacunes de surface et des porosités de fonte, inhérentes à la technique de la cire perdue, sont visibles le long des bords de la base. Poids : 749 g, une densité conforme à la fonte traditionnelle pleine ou quasi-pleine, loin des productions d'atelier à parois minces.
Cette statuette trouve idéalement sa place comme pièce compagne de la référence SHYU 26-020, avec laquelle elle forme une paire d'une grande cohérence sur le plan de la composition et de l'iconographie. Interprétées ensemble, les deux figurines offrent un dialogue entre les registres dressé et enroulé du même attribut du python tutélaire — un dialogue qui confère à chaque pièce une gravité supplémentaire, au-delà de sa valeur propre. Présentées en paire, les deux statuettes dégagent une présence considérablement supérieure à la somme de leurs parties, et représentent une rare opportunité d'acquérir ensemble deux figures cohérentes du registre royal Gan, plutôt que de chercher des pièces assorties de manière dispersée sur plusieurs années.
En tant que pièce autonome, cette statuette offre :
Paiement SSL 256-bit & 3D-Secure via passerelles sûres. Aucun stockage de carte.
Expédition premium, soigneusement emballée et suivie pour chaque commande.
Garantie satisfait ou remboursé : Vous pouvez retourner votre acquisition sous 15 jours.
Fiche technique