Casque multi-faces bamiléké /Bangwa
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Casque multi-faces bamiléké / Bangwa

1 400,00 €
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SPÉCIFICATIONS

  • OBJET : Casque cérémoniel à visages multiples.
  • PEUPLE : Attribué aux peuples des Grassfields du Cameroun — Bamiléké ou Bangwa.
  • RÉGION : Hauts plateaux de l'Ouest du Cameroun (Région des Grassfields / Grasslands).
  • PAYS : Cameroun.
  • PÉRIODE ESTIMÉE : Milieu du XXe siècle (c. 1940-1970), avec possibilité d'une datation plus ancienne sous réserve d'une expertise complémentaire.
  • MATÉRIAUX : Bois dur sculpté avec patine appliquée de bois de padouk (bois de cam) et de pigments terreux brun-rouge.
  • DIMENSIONS : Hauteur : 22 cm · Largeur : 23 cm · Profondeur : 22 cm.
  • TECHNIQUE : Taille directe soustractive dans un seul bloc de bois ; forme de casque entièrement évidée.
  • FONCTION : Casque cérémoniel — contexte de funérailles royales ou de danses de sociétés secrètes.
  • ÉTAT DE CONSERVATION : Bon état ethnographique (voir rapport d'état).
  • PROVENANCE : Acquis par la Galerie Shyu, 2026 ; ancienne circulation sur le marché de l'art européen.

« Un casque royal des Grassfields. L'initié vu sous tous les angles à la fois, l'omniscience de l'autorité royale rendue visible dans le bois sculpté. »

ICONOGRAPHIE ET FONCTION RITUELLE

Dans les chefferies des Grassfields du Cameroun, les masques de typologie multiface appartiennent à un cycle de cérémonies rituelles articulées autour de la figure du fon — le chef sacré — et des sociétés secrètes régulatrices qui structurent son autorité. Les principaux contextes documentés sont les mascarades funéraires royales, l'intronisation d'un nouveau fon, et les apparitions dansées saisonnières des sociétés régulatrices (Kuosi, Kungang, Manjong et autres, selon le royaume). Dans chacun de ces contextes, le danseur masqué ne se représente pas lui-même : il incarne, le temps de la danse, une figure d'autorité — chef, ancêtre ou juge — et l'iconographie du masque en proclame l'identité.

LES QUATRE VISAGES CARDINAUX

Les quatre visages cardinaux sont la marque visible du chef omniscient. Dans la théologie politique des chefferies des Grassfields, la fonction du fon exige que rien dans son territoire n'échappe à sa vigilance — y compris la sorcellerie (famla en langue bamiléké) qui menace le lignage et le royaume. Le casque multiface matérialise littéralement cette prérogative. Le porter signifie qu'on ne peut être approché par-derrière, car le dos n'existe pas — il n'y a que d'autres fronts.

LA COIFFURE INCISÉE

Chaque visage porte la même coiffure incisée. Les striations verticales représentent la coiffe en tissu ou en vannerie d'un personnage de haut rang — chef, notable ou initié d'une société régulatrice. En attribuant la même coiffe aux quatre visages cardinaux, le sculpteur affirme qu'il ne s'agit pas de quatre êtres différents.

CONTEXTE ETHNOGRAPHIQUE

Les Grassfields du Cameroun — connus dans la recherche francophone sous le nom de Grasslands ou Hauts Plateaux de l'Ouest — forment une zone de savane d'altitude dans les hauts plateaux de l'ouest camerounais, habitée par une constellation de peuples apparentés : Bamiléké, Bangwa, Bamoun, Tikar et d'autres, qui comptent aujourd'hui environ huit millions d'habitants. La région est structurée politiquement en chefferies — fondoms — chacune dirigée par un chef sacré (fon) conseillé par une hiérarchie de notables et régulée par un réseau de sociétés secrètes. Cette organisation politique, plus centralisée que les systèmes lignagers segmentaires de la forêt équatoriale plus au sud, génère un art d'apparat royal : grands poteaux de porte sculptés, trônes et tabourets perlés, masques éléphants de la société Kuosi, et les casques multifaces auxquels appartient la présente œuvre.

Chez les Bamiléké, la concession du chef est le cœur spatial de la vie rituelle et politique. En son sein, les sociétés régulatrices — le Kuosi pour le prestige et les célébrations royales, le Kungang pour l'action contre la sorcellerie, le Manjong pour l'organisation des guerriers — tiennent leurs danses et rendent leurs jugements. Les Bangwa, sur l'escarpement occidental boisé de ces mêmes hauts plateaux, maintiennent une tradition stylistique en continuité directe avec leurs voisins bamiléké, avec lesquels ils partagent des types iconographiques majeurs, notamment les effigies ancestrales et le casque multiface. L'attribution d'une œuvre spécifique entre les Bamiléké proprement dits et les Bangwa n'est parfois possible que sur des critères stylistiques très précis — et dans de nombreux cas, elle reste, comme ici, définie à l'échelle régionale.

LES GRASSFIELDS DANS L'HISTOIRE DES COLLECTIONS

Les Grassfields sont entrés dans l'histoire des collections européennes pendant la période coloniale allemande (Kamerun, 1884–1916), à travers les travaux d'Hutter, de Conrau et de la mission ethnographique de Berlin. Après 1945, le corpus a été réétudié sur le plan académique par Pierre Harter, dont l'ouvrage Arts Anciens du Cameroun (1986) demeure la référence fondamentale. Les contributions ultérieures de Tamara Northern (The Sign of the Leopard, 1975), de Hans-Joachim Koloss, ainsi que les expositions Cameroun, Art et Rois (Zurich, 2008) et African Masters (Bruxelles, de Grunne) ont installé l'art royal des Grassfields parmi les corpus africains les plus régulièrement valorisés sur le marché international.

ATTRIBUTION, STYLE ET DATATION

LECTURE STYLISTIQUE

D'un point de vue stylistique, l'œuvre s'inscrit parfaitement dans la tradition des casques multifaces bamiléké / bangwa des Grassfields du Cameroun. Plusieurs caractéristiques soutiennent cette attribution : les volumes arrondis et projetés des visages (loin de la face concave en forme de cœur du style Fang Ngontang) ; les volumes du front et du nez modulés et sculptés séparément (et non une arête continue en T) ; les lèvres pleines et charnues aux commissures bien définies ; le traitement des paupières supérieures et inférieures décrivant des yeux en amande ; la masse cubique et expressive ; et enfin la patine brun-rouge appliquée à base de bois de padouk et de pigments terreux, caractéristique du corpus royal des Grassfields.

DATATION — UNE LECTURE CONSERVATRICE

La patine est homogène et bien établie, mais elle ne présente pas l'encrassement sédimenté et noirci par la fumée propre aux objets rituels d'usage intensif antérieurs à 1900. En l'absence de datation par laboratoire et sans historique de collection documenté avec repères temporels, la politique de la Galerie Shyu est de dater l'œuvre du milieu du XXe siècle (c. 1940-1970), tout en reconnaissant explicitement qu'une datation plus ancienne — premier quart du XXe siècle, contemporaine de la fin de la période coloniale allemande et du début de la période française — demeure possible, sous réserve d'une expertise complémentaire pour l'attester.

NOTE SUR L'ATTRIBUTION

Nous ne nommons que ce que l'œuvre elle-même corrobore. L'attribution aux Grassfields du Cameroun et à la typologie du masque-casque multiface Bamiléké / Bangwa est affirmée avec confiance sur des critères stylistiques. Le choix précis entre Bamiléké et Bangwa reste ouvert à l'échelle régionale, ces deux traditions s'inscrivant dans une continuité stylistique directe où une distinction plus fine nécessiterait l'avis d'un spécialiste. Une autre hypothèse d'attribution, à savoir un casque quadrifrons Fang Ngontang du nord du Gabon, a été étudiée et est mentionnée ici par souci de transparence, cette typologie multiface étant célèbre dans la littérature Fang ; cependant, la géométrie des visages, le modelé du bloc front-nez, le traitement des yeux, le dessin des lèvres et les pigments de surface orientent tous plus fermement vers les Grassfields que vers le monde Fang. Si un spécialiste du corpus des Grassfields — notamment au sein des réseaux d'expertise de Bruxelles autour de Bernard de Grunne, Didier Claes ou Jean-Pierre Jernander — venait à confirmer une datation plus haute ou une attribution plus précise à un atelier ou à un fondom spécifique, l'estimation de la galerie serait réévaluée à la hausse en conséquence.

RAPPORT D'ÉTAT

  • D'ENSEMBLE : Bon état général cohérent avec l'âge et l'usage rituel. Surface entièrement organique, préservée dans son état d'usage.
  • BOIS : Bois dur et dense. Les quatre visages cardinaux et le visage sommital sont entièrement sculptés dans un seul et unique bloc, sans aucun assemblage ni joint de colle. De fines fentes d'âge verticales sont visibles sur le visage arrière, sans incidence structurelle.
  • SURFACE : Patine brun-rouge profonde appliquée à base de padouk et de pigments terreux, plus saturée sur le visage principal, légèrement atténuée sur les points saillants des fronts et des joues des visages latéraux et arrière — cohérent avec les manipulations et le stockage.
  • MANQUES : Légers éclats et petits manques sur les bordures supérieures du visage situé à l'emplacement de l'oreille droite (visibles de profil) ; les nez, bouches et coiffes des quatre visages cardinaux sont parfaitement intacts.
  • INTÉRIEUR : Casque entièrement évidé et concave. Surface interne lisse présentant un bel poli de manipulation prolongée. Deux petites fentes de vision percées sont alignées avec le visage principal. Une petite marque d'inventaire moderne est visible à l'intérieur.
  • STABILITÉ : Repose de manière parfaitement stable sur une surface plane ou sur un socle discret. Recommandé pour une exposition en intérieur, à l'abri de la lumière directe du soleil et d'une humidité supérieure à 60 %.

POURQUOI ACQUÉRIR CETTE ŒUVRE

UNE TYPOLOGIE AMBITIEUSE

Le masque-casque multiface se situe au sommet des exigences plastiques du corpus royal des Grassfields. Si les masques d'ancêtres monofaces et les objets d'apparat sont plus largement documentés, les casques quadrifrons sont comparativement rares, et ceux arborant un cinquième visage sommital le sont plus encore. Acquérir cette pièce, c'est faire entrer en collection la forme la plus aboutie et la plus complexe du programme iconographique multiface des Grassfields.

UNE SURFACE RITUELLE COHÉRENTE

La patine rouge-brun à base de bois de padouk et de pigments terreux, plus dense sur la face principale et subtilement frottée sur les reliefs des visages secondaires, témoigne visiblement d'un objet ayant dansé — loin du fini mat et uniforme des productions décoratives récentes. L'intérieur porte ce poli de préhension que les ateliers contemporains ne parviennent pas à reproduire.

UNE PRÉSENCE SOUVERAINE À ÉCHELLE DOMESTIQUE

Avec ses dimensions équilibrées de 22 × 23 × 22 cm, ce casque possède la puissance nécessaire pour ancrer une collection et devenir une pièce maîtresse, tout en s'intégrant parfaitement dans un intérieur privé. Les casques multifaces atteignent souvent des volumes massifs et difficiles à exposer ; cette échelle est idéale pour l'environnement d'un collectionneur.

UNE PLACE RECONNUE DANS UN CORPUS DOCUMENTÉ

L'art royal des Grassfields a fait l'objet d'études rigoureuses et progressives, portées par Pierre Harter (1986), Tamara Northern (1975), Hans-Joachim Koloss ainsi que par les grandes expositions de Zurich et de Bruxelles ces deux dernières décennies. Intégrer un tel casque multiface à sa collection, c'est rejoindre un corpus académiquement préservé, régulièrement exposé et soutenu par une base solide de collectionneurs en Europe et en Amérique du Nord.

  Garanties sécurité

Paiement SSL 256-bit & 3D-Secure via passerelles sûres. Aucun stockage de carte.

  Politique de livraison

Expédition premium, soigneusement emballée et suivie pour chaque commande.

  Politique de retour

Garantie satisfait ou remboursé : Vous pouvez retourner votre acquisition sous 15 jours.

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Fiche technique

Provenance
Cameroun (v. 1940–1970)
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